10/01/2016

LIVRES PARUS EN 2017

Le retour de Jules de Didier van CAUWELAERT

ROMAN PARU EN 2017
Le choix de ce livre s'est fait car j'ai été tentée par sa couverture et le thème proposé.
Je lui donnerai 8/10.
Quelques notes sur l'auteur : Didier van Cauwelaert est un écrivain français né en juillet 1960. Il a commencé à écrire dès l'âge de 7 ans mais a dû attendre ses 22 ans pour être édité. Ce souhait précoce vient du regret appuyé de son père de n'avoir pu être écrivain alors qu'il exerçait la profession d'avocat. Ce dernier, de plus, ayant eu un grave accident avait marqué profondément son fils Didier qui n'a pas hésité pour son père à se diriger très jeune vers l'écriture. Didier van Cauwelaert  aborde la plupart du temps le thème de la reconstruction des personnes en souffrance. Il sera édité à l'âge de 22 ans en 1982 pour "20 ans et des poussières". Il obtient en 1994 le prix Goncourt pour "Un aller simple" qui sera adapté en film en 2001. Il a reçu par ailleurs le prix du théâtre de l'Académie Française en 1997 pour l'ensemble de son oeuvre dramatique. Il consacre quelques années de sa vie au théâtre où il joue Sartre, met en scène Beckett, Anouilh et Ionesco. Il aura une brève carrière de critique littéraire pour enfants à FR3 côte d'Azur. Je vous ajoute quelques titres parmi ses livres : "La maison des lumières" en 2009, "Les témoins de la mariée" en 2010, "Le journal intime d'un arbre" en 2011, "La femme de nos vies" en 2013, "Jules" en 2015, "On dirait nous" en 2016 et "Le retour de Jules" en 2017.
RESUME : La vie de Jules : le chien pour aveugle converti en chien pour épileptiques mais qui va perdre "son emploi" en raison d'un comportement inadapté qui va le conduire vers une condamnation à mort des pouvoirs publics. Le couple séparé d'Alice va devoir se mobiliser pour l'occasion et sauver peut-être leur ancien chien.
MES IMPRESSIONS : Le thème me plaisait et la couverture du livre me tentait. Cependant j'ai trouvé le début un peu confus et j'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire. Une fois les 40 premières pages lues, j'ai pu me passionner pour la suite et pouvoir connaître les raisons qui ont pu causer la descente aux enfers de ce pauvre chien malmené. Le suspens est assuré et la fin ne m'a pas déçue. Je ne vous cache pas que j'ai relu le début après avoir fini le livre pour mieux comprendre certains points mal interprétés. C'est la première fois que je lisais cet auteur dont j'avais pourtant l'impression d'avoir déjà lu certains de ses ouvrages mais il n'en était rien. Je verrai par la suite si ses autres livres me fournissent cette même impression un peu brouillon au départ.

La tresse de Laetitia COLOMBANI

ROMAN PARU EN 2017
Le choix de ce livre s'est fait car on en a parlé beaucoup sur les ondes.
Je lui donnerai 9,5/10.
Quelques mots sur l'auteur : Laetitia Colombani, née à Bordeaux en 1976, est scénariste, réalisatrice et comédienne. Elle a écrit et réalisé 2 longs métrages "A la folie...pas du tout" en 2002 et "Mes stars et moi" en 2008 en tant que réalisatrice ainsi que quelques courts métrages. Sa carrière d'actrice commence en 1998 jusqu'en 2012. Son premier roman "La tresse" est paru en 2017. Celui-ci semble être un phénomène d'édition en commençant par son succès à la Foire du Livre de Londres en mars dernier. 16 pays ont acheté les droits de traduction. "La tresse" est paru en 2017.
RESUME : Histoire simultanée de trois femmes qui forme une tresse d'espoir et de solidarité.
MES IMPRESSIONS : Très bon roman qui raconte trois vies, trois destins qui aboutissement à une issue qui relie  trois femmes. La première Smita qui est une intouchable en Inde qui veut sauver sa fille de cette vie inéluctable à laquelle est est destinée. En Sicile, la seconde Giulia qui travaille dans l'atelier de son père qui récupère des cheveux pour en faire des perruques doit accepter que l'affaire va faire faillite et pourtant elle doit empêcher cette issue fatale puis Sarah la troisième qui est une avocate de grande renommée qui va voir sa carrière s'effondrer après la maladie qui la touche. Ces trois existences racontées l'une après l'autre finissent par se rejoindre à la fin du livre. Chacune a réalisé son destin à sa façon dans un combat qui peut sembler perdu d'avance et qui pourtant est rempli d'espoir. Un très beau livre qui ne laisse pas indifférent. Le style est simple et agréable. Je vous le conseille bien évidemment.

Agatha. Le vrai meurtre d'Agatha Christie de Frédérique DEGHELT

ROMAN PARU EN 2017
Le choix de ce livre s'est fait en librairie en le voyant à l'étal.
Je lui donnerai 8/10.
Quelques mots sur l'auteur : Je n'ai pas trouvé beaucoup d'information sur cette écrivain. C'est avant tout une journaliste et réalisatrice de télévision française qui est devenue écrivain par la suite. Dans un interview, elle a évoqué qu'elle écrivait pour le plaisir depuis l'âge de 12 ans sans pour autant devenir romancière dans son avenir. Elle a publié en 1995 "La valse renversante", en 2007 "La vie d'une autre" et "Je porte un enfant et dans mes yeux l'étreinte sublime qui l'a conçu". En 2009, parait "La grand-mère de Jade" et en 2017 "Agatha. Le vrai meurtre d'Agatha Christie".
RESUME : Agatha Christie est recherchée partout. La vérité est qu'elle a disparu volontairement pour faire payer son mari qu'elle aime et qui l'a trompée.
MES IMPRESSIONS : Livre très instructif et agréable à lire. J'ai appris cet événement dans la vie d'Agatha Christie que j'ignorai totalement alors que j'avais lu jadis ses nombreux romans à suspens. On comprend sans doute que cet épisode de sa vie a pu inspirer par la suite de nombreuses autres romans. Ne voulant pas dévoiler l'histoire de la vie d'Agatha Christie, je reste discrète sur ce qu'il va se passer pour cet écrivain mondialement connue. Frédérique Deghelt brode sans doute un peu mais tout est passionnant.

Danser au bord de l'abîme de Grégoire DELACOURT

ROMAN PARU EN 2017
Le choix de ce livre s'est fait car je connaissais l'auteur et l'accroche m'a attirée.
Je lui donnerai 9/10.
Quelques mots sur l'auteur : Grégoire Delacourt est né à Valenciennes en 1960. Après un bac obtenu de justesse en 1979, il se lance dans le milieu publicitaire vers 1982. Trois slogans connus à son actif : "Vous n'aviez jamais mangé de camembert" (Coeur de lion), "Nous vous devons plus que la lumière" (EDF), "Un Lutti d'offert, c'est un Lutti de perdu" (Lutti). Il crée sa propre agence de publicité. En 2011, il se lance dans l'écriture avec "L'écrivain de la famille" qui reçoit le Prix Marcel Pagnol. En 2012, "La liste des envies" semble aussi surprendre le lecteur.  Suivra en 2013 "La première chose qu'on regarde" puis en 2014 "On ne voyait que le bonheur". Le livre "Les quatre saisons de l'été" est sorti en 2015. En 2017, parait son dernier roman "Danser au bord de l'abîme".
RESUME : Emma, une femme mariée et heureuse, un mari aimant et trois enfants décide de quitter tout ce confort pour Alexandre. Juste un regard dans une brasserie et tout bascule...
MES IMPRESSIONS : Ce livre est émouvant car il est dans le sentiment fort, la sincérité et le regret. Tout bascule et quels dégâts cela provoque-t-il de quitter son quotidien heureux pour un potentiel bonheur ingérable et qui ne se maîtrise plus. Emma aime sa famille et pourtant elle part. Elle hésite peu et son choix, elle a conscience qu'elle va faire un cataclysme  mais jusqu'où va la raison ou le raisonnable. Doit-on se priver d'un amour passionnel pour un amour confortable  ? Toutes ces questions se posent au lecteur et interpellent Emma. Un livre envoûtant qui peut émouvoir.

Ils vont tuer Robert Kennedy de Marc DUGAIN

ROMAN PARU EN 2017
Le choix de ce livre car j'en ai entendu des bonnes critiques et il est proposé dans mon groupe.
Je lui donnerai 9,5/10.
Quelques mots sur l'auteur : Marc Dugain est un réalisateur et écrivain français né en 1957 au Sénégal où son père avait des fonctions dans l'administration coloniale. A 7 ans il se retrouve en France et le rôle de son grand-père maternel durant la première guerre mondiale, qui lui fait visiter la Maison des Gueules cassées de Moussy-Le-Vieux, lieu où les soldats blessés au visage étaient réunis. Cela a inspiré son premier roman "La chambre des officiers" paru en 1998 et qui a reçu une vingtaine de prix dont deux des Libraires, des deux-Magots, de Roger Nimier. Avant ce roman qui l'a rendu connu, il avait obtenu le diplôme de l'Institut d'études politiques de Grenoble et avait travaillé dans la finance avant de devenir un entrepreneur florissant dans l'aéronautique. Le goût de l'écriture commence vers l'âge de 35 ans. Dans son oeuvre, on peut compter "Campagne anglaise" en 2000, "Heureux comme Dieu en France" en 2002 où il commence à écrire à la première personne. "La Malédiction d'Edgar" paraît en 2005, "Une exécution ordinaire" en 2007, "L'emprise" en 2014 et plus tard "Ils vont tuer Robert Kennedy" paru en 2017. La filmographie de ses livres se fera entre 2001 et 2017.
RESUME : Le roman de Marc Dugain raconte d'abord le meurtre du Président JFK des Etats-Unis qui avait eu lieu en 1963, puis dans une seconde partie la menace qui pèse sur Robert Kennedy d'être assassiné à son tour, ce dernier qui avait déjà dû mal à se remettre du décès de son frère. On attend tout au long du récit l'heure fatale de Robert Kennedy alors qu'il en pleine campagne électorale pour les élections américaines de 1968 qu'il ambitionne. En parallèle, une autre intrigue écrite à la première personne raconte l'histoire d'un homme dont les parents sont morts mystérieusement ainsi que sa grand-mère lorsqu'il était encore jeune. Visiblement, ses parents seraient liés à l'affaire Kennedy !
MES IMPRESSIONS : Un roman très bien monté. On a vraiment l'impression que l'auteur lui-même serait mêlé à cette histoire car son nom est emprunté dans le roman comme originaire de l'Irlande dont faisait partie la famille Kennedy. Je me suis laissée littéralement emportée dans cette intrigue pour autant fictive mais qui paraît vraiment véridique. Evidemment les faits réels de la famille Kennedy mélangés à de la fiction a le don de tromper le lecteur qui ne sait plus ce qui est vrai ou pas. Je ne suis en général pas une adepte de ce type de technique car on mélange le roman de la vérité mais je dois dire que là, le livre est bien écrit et le suspens est à son comble alors que l'on connaît souvent assez bien l'histoire américaine du destin tragique des Kennedy. C'est un livre tout autant féminin que masculin et je trouve aussi culturel et instructif. N'hésitez pas à partager avec moi votre avis sur cette nouvelle lecture très actuelle.

Celle qui fuit et celle qui reste. L'amie prodigieuse III d'Elena FERRANTE

ROMAN PARU EN 2017
Le choix de ce livre s'est fait car j'en ai lu les deux premiers tomes.
Je lui donnerai 10/10.
Quelques mots sur l'auteur : Elena Ferrante, son pseudonyme, serait née en 1943 à Naples. En effet, cet écrivain ne souhaite pas être identifiée pour protéger sa vie privée et ne voit pas l'intérêt que ses lecteurs la connaissent. Depuis peu, certains avanceraient que c'est une femme et elle pourrait être Anita Raja, la femme d'un écrivain italien Domenico Starnone. Elle vivrait en Grèce ou serait retournée s'installer à Turin. Elle n'accorde aucune interview à des journalistes, seulement par écrit dans le journal l'Unita en 2002. Son premier roman "L'amour harcelant" est paru en version italienne en 1992 (vf 1995),  et parmi son oeuvre j'ai relevé "Les jours de mon abandon" (vo 2002, vf 2004) et "L'amie prodigieuse" (vo 2011, (vf 2014). Il sera suivi par "Le nouveau nom" en 2016 et "Celle qui fuit et celle qui reste" en 2017 en version française. Il manque la traduction française du 4ème tome.
RESUME : Ce troisième tome se déroule à la fin des années 60, les deux amies Elena et Lila ont commencé leurs vies de jeunes adultes. Les mouvements féministes et protestataires s'organisent alors qu'Elena sort diplômée de l'Ecole normale de Pise. Les deux femmes se sont éloignées mais se retrouvent pour quelques temps puis des séparations s'annoncent encore et toujours. Amitié et haine sont étroitement liées au cours de leur parcours jusqu'aux années 70.
MES IMPRESSIONS : J'ai à nouveau dévoré ce troisième roman par un texte envoûtant et toujours dirigé vers la vie de nos deux héroïnes. Sans vouloir en dire trop, les deux femmes s'entraident quand l'une fait appel à l'autre et pourtant elles ne se supportent pas vraiment pour construire leur avenir ensemble. Elles vivent dans deux régions différentes et il n'est pas question de cohabiter trop longtemps. Dès que la situation s'améliore pour l'une, elles doivent à nouveau s'éloigner et surtout ne pas s'impliquer dans les choix de l'autre. Et pourtant elles ont besoin l'une de l'autre pour continuer. Ce lien très particulier est très bien rendu par son auteur et toutes les histoires qui leur arrivent sont toutes très palpitantes à lire. Je conseille ce roman véritablement.

Tiens ferme ta couronne de Yannick HAENEL

ROMAN PARU EN 2017
Le choix de ce livre s'est fait car j'ai entendu l'auteur en parler à la Grande Librairie (La 5).
Je lui donnerai 10/10.
Quelques mots sur l'auteur : Yannick Haenel est un écrivain français né en 1967. Il a reçu une éducation militaire au Prytanée National de La Flèche. Il a été professeur de français jusqu'en 2005. La même année, il codirige la revue littéraire "Ligne de risque" avec François Meyronnis. Il s'est inspiré dans son oeuvre de plusieurs personnalités comme Sartre (La Nausée), Nietzsche, Melville, Musil et la chorégraphe Pina Bausch sur les thèmes du nihilisme, de l'histoire et à travers une certaine extase la possibilité d'être libre. En 2005 paraissent "A mon seul désir" et "Poker" coécrit avec Philippe Sollers. En 2007, "Cercle" est publié et reçoit le Prix Décembre ainsi qu'en 2008 le Prix Roger Nimier. Il a écrit d'autres titres et en particulier pour finir en 2009, "Jan Karski" qui nous concerne aujourd'hui et qui a reçu le Prix Interallié et le Prix du roman Fnac. Un roman certes mais qui fait référence à un vrai personnage de l'histoire Jan Karski de son vrai nom Jan Kozielewski né en 1914 et mort en l'an 2000, résistant polonais durant la Seconde Guerre Mondiale. Claude Lanzmann qui avait fait un le film "Shoah" basé sur le témoignage de Jan Karski a accusé Yannick Haenel d'avoir fait une falsification historique de la troisième partie de son roman. Ce dernier lui a répondu qu'un romancier était libre de réinventer l'histoire, le tout soutenu par son ami Philippe Sollers. Yannick Haenel est ensuite devenu chroniqueur pour le magazine de littérature et de cinéma Transfuge depuis 2010 et Charlie Hebdo depuis la reprise de la publication après les attentats de janvier 2015. Il coanime la revue "Ligne de risque". On lui connaît aussi dans son oeuvre "Les Renards pâles" et "Je cherche l'Italie" prix littéraire de la Sérénissime 2015. Son dernier roman "Tiens ferme ta couronne" est paru en 2017 qui a reçu le Prix Médicis et qui était aussi en compétition pour le Prix Goncourt dont il a été dans les finalistes.
RESUME : Un homme a écrit un énorme scénario sur la vie d'Herman Melville dont aucun producteur ne veut. Il rencontre à New York le grand cinéaste américain Michael Cimino qui s'intéresse à lui. A son retour à Paris, s'ensuivent une série de rencontres toutes plus inédites les unes que les autres d'Isabelle Huppert au dalmatien Sabbat, de deux hommes louches au serveur sosie d'Emmanuel Macron etc. Conversations entre cinéma et littérature.
MES IMPRESSIONS : Un très bon roman qui m'a envoûtée. L'auteur m'avait déjà séduite par le descriptif de son roman et là je n'ai pas été déçue. Ce livre est très bien écrit et le style est agréable. L'intrigue est sans cesse relancée par des événements nouveaux et malgré l'immobilisme à priori de l'homme qui a écrit le scénario, il se trouve bousculé dans son quotidien. Il voudrait rester sur son canapé à regarder en boucle "Apocalypse now" mais il doit partir, voyager, rencontrer des personnes qui le sortent de sa tanière. Cet alcoolique avéré arrive à sortir de sa torpeur et profite tout de même de la vie. Beaucoup de suspens et des personnages attachants et bien croqués. A mon avis, il méritait bien le prix Goncourt.

Ma mère avait raison d'Alexandre JARDIN

ROMAN PARU EN 2017
Le choix de ce livre s'est fait car j'ai entendu son auteur en parler et j'étais curieuse de lire.
Je lui donnerai 8/10.
Quelques mots sur l'auteur : Alexandre Jardin est né en 1965. Il est le fils de Pascal Jardin, écrivain reconnu, surnommé le Zubial par son fils. Mais il est aussi le petit-fils de Jean Jardin, surnommé le nain jaune par son fils Pascal dans un livre qui lui a été consacré en 1978. A 20 ans, il écrit son premier roman durant ses études de Sciences Politiques. Son roman ayant eu du succès, il abandonne ses ambitions politiques pour l'écriture. Il a écrit de nombreux livres dont : Le Zèbre (1988) qui reçu le Prix Femina"Fanfan" (90), "Le Zubial" (97), "1+1+1= Une révolution" (2002) et "Le roman des jardins" (2005), ces deux derniers livres figurant sur mon blog. En écrivant "Le Zubial", il se réconcilie avec le décès de son père qu'il adorait et qui est mort à 46 ans des suites d'un cancer (Alexandre Jardin n'avait que 15 ans). Il est devenu aussi journaliste au Figaro. Par ailleurs, à 44 ans, il décide de raconter l'histoire de son grand-père, "discutable" pour certains, sur son rôle en tant que directeur de cabinet de Pierre Laval entre le 20 avril 1942 et le 30 octobre 1943 ceci au moment des décisions et faits concernant la rafle du Vel d'Hiv. En 2010, à cette occasion paraît "Des gens très bien" puis vient de sortir en 2017 "Ma mère avait raison".
RESUME : Alexandre Jardin décide de raconter la vie de sa mère qu'il aime à la folie mais qui vit toujours en octobre 2017. Après avoir écrit sur son père le Zubial, il voulait être juste avec ses parents en leur attribuant chacun un de ses écrits.
MES IMPRESSIONS : Je dirai une mère vraiment "farfelue", aimante d'Amour et sans grande moralité. C'est ce qui ressort de ma lecture somme toute passionnée. Alexandre Jardin veut que sa mère ne sombre pas dans l'oubli à commencer pour lui car il l'aime d'un amour démesuré de fils qui ne voit en elle aucune chose à changer. Il faut dire que la famille Jardin a pris beaucoup de place aussi  ! Oui, je pense qu'il est conscient que la vie qu'il a menée entre ses deux parents originaux n'est pas celle de tout le monde mais il la défend. Tout enfant qui se sent aimé ne peut pas admettre une critique des autres. Sans vouloir révéler le contenu du livre, Alexandre Jardin a osé écrire sur sa mère encore vivante, est-ce un hymne à l'amour ? Comment le perçoit-elle ? Sur le plateau de la Grande Librairie, il semblait avoir la profonde envie que sa mère apparaisse dans le public ou les coulisses sans qu'il ait été prévenu. Elle n'est pas venue et n'a rien manifesté. Je pense qu'il a été déçu car cette absence de coup de théâtre qui aurait pu faire partie d'un nouvel épisode de leur vie commune. Un regret que j'ai senti chez lui car il aurait espéré sans doute un "merci" ou une reconnaissance ou une explication de ce qu'elle ressentait. Espérons pour lui que sa mère saura lui exprimer son amour avant son départ à elle et lui rendra hommage en mémoire du Zubial et de Fanou, surnom que son mari Pascal Jardin lui avait donné. Un beau témoignage d'amour qui se lit bien et vite.

Ma mère, cette inconnue de Philippe LABRO

ROMAN PARU EN 2017
Le choix de ce livre s'est fait car j'ai entendu Philippe Labro le présenter.
Je lui donnerai 9/10.
Quelques mots sur l'auteur : Philippe Labro est né à Montauban en 1936. C'est un journaliste français, écrivain, réalisateur et auteur de chansons. Né dans une fratrie de 7 enfants, son père a fait fortune grâce à son cabinet juridique et fiscal. Ses parents cacheront des juifs durant la seconde guerre mondiale. Il est marié et a eu 3 enfants. A 15 ans, il remporte un concours de journalisme parrainé par le Figaro. Son début de carrière démarre sans le bac, avec une bourse il part à l'étranger aux Etats-Unis où il forge sa personnalité. Il écrira des textes pour des chansons entre autre en collaboration avec Johnny Halliday ainsi que  pour Serge Gainsbourg pour l'album de Jane Birkin. Son parcours est de même journalistique et radiophonique sans entrer dans le détail comme chroniqueur, grand reporter,  rédacteur en chef à Europe 1, RTL, Marie-France, France Soir, Le Journal du Dimanche, Paris-Match et CNews depuis début mars 2017. ... Il a lancé la chaîne Direct 8 avec Vincent Bolloré en 2005. Bref une carrière bien remplie qui n'est pas finie ! Il a écrit plusieurs livres  et son oeuvre démarre en 1960 avec "Un américain peu tranquille" puis retour sur son jeune passé dans  "L'étudiant étranger" paru en 1986 et "Un été dans l'ouest" en 1988. En 1990, il écrit une première autobiographie "Le petit garçon" et rate le Prix Goncourt contre Jean Rouaud pour la seconde fois qui avait été en 1988.  Il sort d'une grosse dépression de 1999 à 2001 après divers problèmes de santé surmontés qu'il raconte dans un récit intitulé "Tomber sept fois, se relever huit". Son tout dernier roman paru en 2017 est "Ma mère, cette inconnue".
RESUME : Philippe Labro raconte la vie mystérieuse de sa mère qui s'est si peu confiée à ses enfants et qu'il arrive à reconstituer par des archives réunies pour l'occasion avec l'accord de ses frères et soeurs.
MES IMPRESSIONS : J'avais été tentée d'acheter ce livre et je n'ai pas été déçue. Philippe Labro raconte sa mère avec beaucoup de sensibilité et de respect. La vie de celle-ci est intéressante et son parcours semé d'embûches et de blessures de l'enfance en font une femme qui ne se plaint jamais et qui a donné tout l'amour qui lui avait manqué à son mari trop tôt disparu (il était nettement plus âgé qu'elle) et ses enfants. Le seul frère qui lui restait est aussi parti trop vite sans qu'elle ait pu savoir exactement quand mais lors d'un témoignage bouleversant d'une personne qui l'avait croisé. Je conseille ce livre qui n'est pas triste à proprement parlé mais un beau et émouvant témoignage.

De tes nouvelles d'Agnès LEDIG

ROMAN PARU EN 2017
Le choix de ce livre s'est fait car j'en connaissais l'auteur qui m'avait plu.
Je lui donnerai 8/10.
Quelques mots sur l'auteur : Agnès Ledig née en 1973, fille de parents enseignants, est mariée depuis une vingtaine d'années à un salarié agricole d'origine normande. Elle sort diplômée d'un bac scientifique et d'une formation agronomique, pour devenir par la suite sage-femme. Les circonstances de la vie, après la perte en 2005 de son fils Nathanaël atteint d'une leucémie, vont l'amener à écrire. Durant la maladie de son jeune enfant, elle édite un bulletin hebdomadaire pour répondre aux questions de ses relations. En le rédigeant, elle s'aperçoit qu'elle parvient à bien écrire. Ayant arrêté son métier pour s'occuper de son enfant avant son décès à l'âge de 5 ans, elle finit par éditer son premier livre "Marie d'en haut" en 2012, alors qu'elle avait fait connaître cet essai dans Femme actuelle dont les lectrices l'avaient plébiscitée en 2011. En 2013, "Juste avant le bonheur" est un roman qui fait un clin d'oeil sans doute à son vécu. On pourra ajouter en 2014 "Pars avec lui", en 2016 "On regrettera plus tard" et en 2017 "De tes nouvelles".
RESUME : Anna-Lina, intrépide et enjouée, vit en roulotte auprès de son père veuf. Eric veut redonner une vie plus stable à la petite en âge d'aller à l'école et trouve chez Valentine et le vieux Gustave ce mode de vie qui conviendrait à la fillette. C'est un roman rempli d'amour, de fraîcheur ponctué tout de même par une intrigue qui complique un peu cette sérénité retrouvée.
MES IMPRESSIONS : Agnès Ledig écrit avec beaucoup de délicatesse et de simplicité. Chaque personnage est attachant et l'on se prend à entrer dans l'ambiance champêtre de l'histoire très rapidement avec tous les mystères qui tournent autour d'une histoire qui débute entre tous. Le rôle de chacun est bien décrit et chacun trouve sa place dans cette demeure où chacun a un métier, une activité mais reste très indépendant de l'autre. Les sentiments qui naissent veulent rester dans la discrétion et pourtant vivre en communauté ne peut pas empêcher l'observation des autres. Ce roman relativement long (342 pages) est agréable à lire et bien écrit, je ne me suis pas ennuyée !

Un fils parfait de Mathieu MENEGAUX

ROMAN PARU EN 2017
Le choix de ce livre s'est fait car on m'en a parlé.
Je lui donnerai 8/10.
Quelques mots sur l'auteur : Mathieu Menegaux est né en 1967 à Paris. Diplômé d'HEC en 1989, il a débuté une carrière dans l'industrie au Maroc et il travaille aujourd'hui dans un cabinet de conseil en management. Son premier livre est paru en 2005 "Julien", puis "Je me suis tue" en 2015 qui a obtenu le prix du premier roman des vingtièmes journées du livre de Sablet. "Un fils parfait" est son dernier roman en date publié en 2017. Cet auteur dit aimer la tragédie et a beaucoup lu avant d'écrire lui-même vers l'âge de 45 ans. Les thèmes de ses livres explorent la complexité de l'âme humaine mais aussi de la justice.
RESUME : Le combat d'une mère pour sortir ses filles d'une situation insupportable : l'inceste de leur père.
MES IMPRESSIONS : un livre poignant surtout lorsque l'on sait qu'il part d'une histoire vraie. Quand une mère fait tout à l'envers et que toutes les culpabilités lui retombent dessus par manque de bons conseils avec un mari bien avisé qui profite des failles qui lui sont offertes. C'est un roman violent car sa lecture est insupportable. J'ai été obligée de lire la fin de l'histoire avant de continuer pour savoir comment cela se terminerait car le suspense était intolérable dans un déroulement d'actions qui accusent la mère page après page de ses actes. Elle culpabilise de laisser ses filles malgré elle dans les mains d'un père violeur qui a réussi à se blanchir et un entourage qui n'a rien vu ... et des enfants qui sont tétanisées pour éclairer la justice en n'avouant rien. Le thème de ce livre pose beaucoup de questions sur la voix des enfants, de la femme et l'enquête dans ce livre semble prendre un seul tournant en faveur du coupable. A lire certainement mais un écrit violent tout de même par ce combat contre l'inceste et qui semble vain.

Le cas Malaussène tome 1 Ils m'ont menti de Daniel PENNAC

ROMAN PARU EN 2017
Le choix de ce livre s'est fait car j'ai entendu parler son auteur qui présentait son livre avec conviction. Je lui donnerai 5/10.
Quelques mots sur l'auteur : Daniel Pennac est né au Maroc en 1944. Il a grandi en Afrique et en Asie du Sud. De son vrai nom Daniel Pennachioni, son père d'abord officier de la Coloniale avait fait Polytechnique et sa mère était femme au foyer. Il est le dernier d'une fratrie de 4 garçons. Les 3 aînés ont été brillants durant leurs études. Il obtient une maîtrise de Lettres à Nice et débute comme professeur dans un collège de Soissons. Il écrit son premier essai en 1973, un pamphlet sur le service national. Puis commence sa carrière d'écrivain pour les enfants. Il donne jour à la famille Malaussène entre autre dont il tirera des livres "La fée carabine", "La petite marchande de prose", "Monsieur Malaussène". Il a reçu le Prix Renaudot en octobre 2007 pour son livre "Chagrin d'école". Ses succès connus sont : "Cabot-Caboche" en 1982 et "L'Oeil du loup" en 1984. Daniel Pennac vient d'écrire "Le cas Malaussène tome 1 Ils m'ont menti" paru en 2017.
RESUME : Kidnapping de l'affairiste Georges Lapièta. Une enquête complexe entre des avis qui divergent entre police et justice, des mensonges qui se multiplient.
MES IMPRESSIONS : Livre incompréhensible pour moi. Je n'ai pas du tout aimé et je crois ne pas en avoir compris la moitié. Certes il y a une enquête mais les noms des personnages sont confus et les rappels en fin de livre pour les comprendre sont odieux. J'ai déjà tout oublié et je ne sais même plus comment cela se termine, qui est responsable et s'il y a finalement une solution. Dommage car l'auteur m'avait bien tentée.

La chambre des époux d'Eric REINHARDT

ROMAN PARU EN 2017
Le choix de ce livre s'est fait dans le cadre de ma tournante de livres.
Je lui donnerai entre 7 et 8/10.
Quelques mots sur l'auteur : Eric Reinhardt est né en 1965 à Nancy. Il vécut successivement aussi à Marseille, Clichy-sous-Bois puis dans l'Essonne. Tous ces lieux et habitations de l'écrivain ont inspiré son oeuvre. Après un bac C, il entre à l'Institut Supérieur de Gestion avec le projet de travailler dans l'édition. Il commencera chez les éditions Le Castor astral puis Albin Michel où il s'initie à la conception de livres d'art. Il sera directeur éditorial des éditions Hazan de 1994 à 1999. Il est depuis éditeur de livres d'art et directeur artistique en indépendant. Son premier roman "Demi-sommeil" est paru en 1998. Puis en 2002 "Le moral des ménages", en 2004 "Existence", "Cendrillon" en 2007, "Le système Victoria" en 2011, "L'amour et les forêts" en 2014 qui a reçu le Prix Renaudot des lycéens et "La chambre des époux" en 2017. Certains de ces livres ont été adaptés au cinéma. Cet écrivain a été soupçonné de raconter des faits réels sur des personnes qu'il connaissait entre autre dans "L'amour et les forêts".
RESUME : Nicolas et Mathilde combattent dans la même osmose le cancer du sein de cette dernière dans un univers intime et courageux de leur chambre. Puis Nicolas rencontre alors Marie, victime aussi d'un cancer mais incurable, le cancer du pancréas et il tombe amoureux.
MES IMPRESSIONS : Pour lire ce genre de roman, il faut être dans une période forte. Je trouve que si la maladie vous touche ou vous a touché de loin chez un proche, ce roman n'est pas pour vous. Toutes les réflexions de ce livre viennent d'un point de vue tout à fait masculin.  Il aborde la douleur, la crise du couple, la vie au quotidien avec un malade en chimiothérapie et l'espérance de s'en sortir, le soutien à l'autre, le pardon. Dans ce roman, l'homme est là pour sa femme et ils arrivent à surmonter l'épreuve en s'encourageant à se battre. Mais dans cette lutte toute en harmonie et dans l'amour, un grain de sable va venir enrayer tout ce beau parcours. Nicolas a puisé dans ses forces pour aider sa femme et je suppose que toute cette énergie va s'effondrer d'un coup. Dans ce roman, l'auteur entre dans l'intimité sexuelle des couples et du manque de désir dû à la maladie. Des dialogues s'installent entre les personnages et il est intéressant de voir comment chacun ressent la souffrance mais aussi l'espoir et l'espérance. Les 5 ans sans rechute est une longue période de réflexion pour Mathilde, elle ne peut plus profiter du bonheur avant ces 5 ans. Nicolas n'a plus le temps d'attendre son tour même s'il reste patient avec elle. Il l'aime d'un amour profond et sincère. Ils ne pourront pas toujours se comprendre mais le pardon existe et c'est beau de voir que la fin se termine bien. Le reproche que je ferais de ce genre de livre c'est la violence de la maladie et la réalité qui sautent aux yeux et qui vient bouleverser une vie sans embûche. Tout devient angoisse du lendemain et d'un amour qui devra s'arrêter soudainement alors que les protagonistes sont si jeunes. Pour moi, ce n'est plus un roman mais comme une vraie histoire réaliste et c'est peut-être cela qui me dérange un peu. C'est comme un compte-rendu d'un fait réel. Les discussions sont intéressantes et posent les problèmes fondamentaux des relations familiales durant une maladie et le choc que cela peut provoquer de part et d'autre. Je mets une réserve pour tout lecteur car dans une période plus fragile, je n'aurais même pas ouvert le livre.

La vengeance du pardon d'Eric-Emmanuel SCHMITT

ROMAN PARU EN 2017
Le choix de ce livre s'est fait car j'ai entendu de bonnes critiques.
Je lui donnerai 9/10.
Quelques mots sur l'auteur : Eric-Emmanuel Schmitt est né en 1960. Il est fils de professeurs d'éducation physique. Diplômé de l'Ecole Normale Supérieure d'Ulm et Agrégé de philosophie en 1983. En 10 ans, il est devenu une référence littéraire française sur le marché international. Il a écrit de nombreuses oeuvres que je vous conseillerai même si elles sont plus anciennes :"Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran" (2001), "Oscar et la dame en rose" (2002), "L'enfant de Noé" (2004) sans oublier "Ma vie avec Mozart" (2005) et "Odette Toulemonde" (2006) et "La rêveuse d'Ostende" (2007). En 2008, "Ulysse from Bagdad" paraît à son tour puis en 2009 "Le sumo qui ne pouvait pas grossir". En 2010, on trouve dans les librairies "Concerto à la mémoire d'un ange". En 2011, paraît "La femme au miroir". Je n'ai pas cité toute son oeuvre qui comprend aussi des pièces de théâtre et d'autres titres. Deux romans sont publiés en 2012  : "Les dix enfants que madame Ming n'a jamais eus" et "Les deux messieurs de Bruxelles".  En 2013, j'ai lu "Les perroquets de la place d'Arezzo". Ces deux derniers romans sont en 2015 "La nuit de feu" . En 2016, "l'homme qui voyait à travers les visages" et en 2017 "La vengeance du pardon".
RESUME : Quatre nouvelles sur le thème du pardon.
MES IMPRESSIONS : On revient là au "bon Eric-Emmanuel Schmitt" dans ce nouveau roman sur le thème du pardon sans dimension spirituelle. Les quatre nouvelles sont toutes fascinantes par leurs élaborations et leurs dénouements dans le pardon. Elles sont tellement différentes qu'il n'y a aucune lassitude dans cette lecture somme toute bien distrayante mais intelligente aussi. Deux soeurs jumelles se jalousent, quelle est la solution qui va arrêter ce conflit ? Un jeune homme abuse d'une jeune fille simple d'esprit avec son accord mais celle-ci tombe enceinte. Comment peut-il s'en sortir, lui qui a décidé d'oublier cette escapade et cette pauvre femme qui l'aime ? Sam Louis a assassiné 15 femmes et la troisième est celle d'une mère qui a décidé de le rencontrer en prison et lui demander pourquoi il a fait cet acte et s'il le reconnait ? Comment va-t-elle pouvoir apaiser ce deuil ? Une petite fille redonne de l'espoir à un vieil homme anciennement pilote durant la seconde guerre mondiale. Comment va-t-il réagir au réveil de ses anciens souvenirs ? Toutes ces histoires sont fondées sur la psychologie humaine, ceci écrit avec une immense délicatesse et un style agréable, subtil et percutant. À lire absolument, c'est une réussite !

Quand sort la recluse de Fred VARGAS

ROMAN PARU EN 2017
Le choix de ce livre s'est fait dans le cadre de ma tournante de livres.
Je lui donnerai 6/10.
Quelques mots sur l'auteur : Fred Vargas, alias Frédérique Audouin-Rouzeau, son nom de naissance, est née en 1957 à Paris. Vargas est le nom emprunté à l'héroïne du film Maria Vargas dans "La Comtesse aux pieds nus" et joué par Ava Gardner. La soeur jumelle de l'écrivain avait en premier choisi ce pseudonyme pour son nom d'artiste peintre Jo Vargas. Pour revenir à la vie de Fred Vargas, elle est titulaire d'un doctorat d'histoire sur la peste au Moyen-Age. Elle a travaillé au CNRS comme chercheur et est spécialiste en archéozoologie. On compte dans son oeuvre littéraire une douzaine de romans débutée en 1986 avec "Les jeux de l'amour et de la mort" qui avait reçu le Prix du festival de Cognac et le dernier en 2011 "L'Armée furieuse". Elle va aussi se consacrer à l'écriture de quelques nouvelles dont "Coule la Seine" à partir de 2002 sans oublier sa collaboration avec Edmond Baudouin dans des bandes dessinées. Elle a reçu beaucoup de prix non énumérés dans cette biographie et depuis 2008, les média, dont Le Figaro, ont remarqué que ses romans policiers étaient vendus à très grand tirage. Elle utilise souvent la même équipe de personnages pour résoudre les enquêtes dans ces nombreuses intrigues. Elle est restée fidèle à son éditrice Viviane Hamy depuis le début de ses écrits. Elle publie par ailleurs des ouvrages scientifiques mais cette fois-ci sous son vrai nom. On pourra noter en 2007, l'édition de "Un aliment sain dans un corps sain : Perspectives historiques." J'ajouterai à son oeuvre "Temps glaciaires"  qui a reçu le Prix Landerneau du Polar en 2015. Pour finir en 2017, parait "Quand sort la recluse".
RESUME : Trois hommes piqués par des araignées recluses sont morts. Le commissaire Adamsberg ne croit pas à la version scientifique d'araignées tueuses mais plutôt à des meurtres. Il repart pour une nouvelle enquête mais la tâche ne lui est pas facilitée !
MES IMPRESSIONS : J'ai lu ce livre car je l'ai eu entre les mains mais en toute honnêteté je ne suis pas du tout attirée par le genre policier. J'avais déjà lu "L'armée furieuse" qui ne m'avait déjà pas du tout plu. Je dirai que celui-ci est un peu meilleur mais sans grande enthousiasme. Certes, on se laisse prendre par l'intrigue qui est compliquée mais plutôt clairement expliquée. Les personnages sont nombreux mais tout tourne autour du commissaire qui a lui-même une vie un peu compliquée et torturée pour un homme du métier. L'auteur veut sans doute donner un côté humain à ses personnages en les décrivant vulnérables mais je trouve qu'elle n'a pas beaucoup de finesse dans leurs portraits. Il faut du temps pour le lire car c'est un roman très long (presque 500 pages). Je pense que ce livre ne restera pas très longtemps dans ma mémoire et qu'il ne m'a pas apporté grand chose, seule la présence des araignées est l'image forte du livre. Je ne suis pas une bonne candidate pour cet auteur mais vous, fans de romans policiers, pourriez-vous apporter des critiques positives ?

Article 353 du code pénal de Tanguy VIEL

ROMAN PARU EN 2017
Le choix de ce livre s'est fait dans le cadre de ma tournante de livres.
Je lui donnerai 9/10.
Quelques mots sur l'auteur : Tanguy Viel est né à Brest en 1973 où il a passé les douze premières années de sa vie. Il sera objecteur de conscience au Centre Dramatique de Tours selon François Bon (écrivain français né en 1953). Il a eu du mal à faire accepter son premier manuscrit puis en 1998, il publie son premier roman "Black note". Il a une écriture ciselée et quasiment cinématographique, saluée par la critique. Il a écrit aussi en 1999 "Cinéma", en 2001 "L'absolue perfection du crime", "Insoupçonnable" en 2006. Il travaille actuellement avec le metteur en scène Gilles Bouillon à l'écriture d'une pièce de théâtre pour cinq acteurs à Tours. En 2009, il publie "Paris-Brest" qui semblerait le faire sortir de l'ombre. En 2013, paraît "La disparition de Jim Sullivan". Il reçoit en 2017 les prix François Mauriac de la région Nouvelle-Aquitaine et celui de RTL-Lire pour son dernier roman "Article 353 du code pénal". 
RESUME : Martial Kermeur habite sur un terrain qui vient d'être vendu par la mairie à un promoteur qui a promis de faire de ce lieu idéal une future station balnéaire inégalable. Antoine Lazenec profite visiblement des fonds qu'il a récoltés pour financer ce complexe mais la construction n'a toujours pas lieu. Martial Kermeur ne supporte plus cette situation alors qu'il a laissé ses économies pour un appartement sur mer dont il ne profite toujours pas.
MES IMPRESSIONS : J'ai déjà lu cet auteur et ce nouveau livre est dans la même lignée de Paris-Brest que j'avais énormément apprécié. Cet écrivain plonge ses fictions en Bretagne, là où l'ambiance est mystérieuse au bord d'une mer agitée et les ciels changeants variant du noir au gris entrecoupés d'une éclaircie. C'est une atmosphère à la Hitchcock et forcément propice aux meurtre et à la mélancolie de l'endroit. Les descriptions sont excellentes, on entrevoit bien un futur film et les personnages sont bien croqués. La psychologie de chacun montre aussi toute une époque et un décalage entre deux mondes. Celui des provinciaux qui vivent dans leurs fiefs qui se trouvent bouleversés dans leur quotidien par des gens de la ville qui veulent gagner de l'argent sur leurs dos. C'est une situation courante où les promoteurs sont souvent décriés. Le mal-être des uns fait le bonheur des autres jusqu'au drame !

Un saint homme d'Anne WIAZEMSKY

PARU EN 2017
Le choix de ce livre s'est fait car j'aime bien les livres de cet écrivain.
Je lui donnerai 10/10.
Quelques mots sur l'auteur : Anne Wiazemsky est un écrivain, comédienne et réalisatrice française née en 1947. Par sa mère Claire née Mauriac qui a épousé le Prince russe Yvan Wiazemsky (né en 1915 à St Pétersbourg et qui émigra en France après la Révolution de 1917), Anne est la petite fille de  François Mauriac. À partir de 1966, elle a été actrice de cinéma. De 1967 à 1979, elle a été la femme de  Jean-Luc Godard. Son passé d'actrice ne l'empêche pas en 1988 de tourner son dernier film et de se consacrer uniquement à l'écriture. Elle commence par un recueil de nouvelles "Les filles bien élevées" publié en 1988 puis elle enchaîne par son premier roman en 1989 "Mon beau navire".
En 1993, "Canines" sera récompensé par le Prix des Lycéens, mais la série ne s'arrête par là par un autre Grand Prix du Roman de l'Académie en 1998 sur le titre "Une poignée de gens". Elle publie aussi en 2001 "Aux quatre coins du monde" et en 2002 "Sept garçons". En 2007, elle revient sur son passé avec "Jeune fille" roman autobiographique dans lequel elle raconte le rapport de force qui l'opposa au cinéaste Robert Bresson. Pour conclure, ses romans sont souvent influencés par l'histoire de sa famille. En 2009, elle publie "Mon enfant de Berlin". En 2011, paraît son dernier roman "Une année studieuse" qui raconte sa rencontre avec Jean-Luc Godard. Suit plus tard en 2015, "Un an après" qui finit sa relation avec le cinéaste. Cette année en 2017, "Un saint homme" est publié.
RESUME : Anne Wiazemsky rend hommage au père Deau qui l'a toujours encouragée pour l'écriture  depuis son adolescence. Il se trouve que la famille d'Anne et le père vivaient au même moment à Caracas au Vénézuela. Leurs routes se sont éloignées très vite après mais l'amitié a résisté contre vents et marées.
MES IMPRESSIONS : J'aime bien la façon dont Anne Wiazemsky raconte ce qu'elle a vécu car on sent une grande sincérité dans ses écrits avec une pointe de nostalgie ici puisque le père Deau n'est plus. Elle l'a aimé car il l'a toujours écoutée sans la juger, l'a soutenue dans les moments difficiles. Leur fidélité d'amitié est saine et constructive. Chacun était là pour aider l'autre lorsqu'il a fallu parfois se dévoiler dans son humilité, son intimité et sa fragilité. C'est un livre profond qui m'a vraiment beaucoup plu. La vie de cette femme est riche car pas classique, elle est déjà la petite fille de Mauriac et quelque soient ses rencontres, elle nous les fait vivre. Elle a sans doute hérité des qualités littéraires de son grand-père même si elle n'aura pas sa destinée. A lire pour tous.